Les premières générations de Bengals (ou Bengals hybrides), sont biologiquement et chrono-génétiquement répertoriées comme suit:
- Prionailurus bengalensis x chat Bengal domestique = Bengal hybride F1
- Bengal hybride F1 x chat Bengal domestique = Bengal F2
- Bengal F2 x chat Bengal domestique = Bengal F3
- Bengal F3 x chat Bengal domestique = Bengal F4 = Bengal domestique (SBT)
Les Bengals hybrides F1, F2 voire F3, fleurons d'une hybridation chronologiquement proche (à fortiori les F1) avec Prionailurus bengalensis sont par conséquent des félins qui expriment un "look" sauvage indiscutable mais plus ou moins prononcé selon l'alchimie utilisée.
En effet, seuls les sujets de première, seconde et parfois troisième génération ont conservé au mieux une morphologie et une esthétique relativement proche de l'archétype sauvage Prionailurus bengalensis, bien qu'adoucies progressivement par les apports génétiques successifs du chat Bengal domestique.
Ces chimères remarquables sont les « fruits d'une marmelade » hasardeuse de gènes d'origines diverses, dans leurs cursus comme dans leurs expressions finales.
Ainsi, ce véritable "melting-pot" génétique nous offre fréquemment des animaux à l'aspect hétérogène dont le phénotype (l'expression réflèchie, externe et visible du génotype) est plurimorphe, particulièrement chez les deux premières générations d'hybrides.
Nous nous trouvons donc face à des animaux dont l'aspect n'est pas encore tout à fait celui du chat, mais plus tout à fait non plus celui du petit félin sauvage asiatique ayant participé à leur "élaboration"...sur les directives et choix du genre humain, apprenti sorcier de toujours...
Ce sont généralement des animaux d'une intelligence remarquable en partie héritée de leur ancêtre biologique sauvage. Lequel a subi et subit encore de nos jours la pression implacable d'une âpre sélection naturelle à laquelle il doit répondre par des adaptations aussi rapides qu'adéquates (les mutations de caractère opportuniste offrant une palette de possibilités aussi variées qu'incertaines...) afin d'assurer la survie de l'espèce. Cette pression est d'autant plus forte pour Prionailurus b. qu'il reste un modeste prédateur (par la taille), lui-même la proie d'une super-prédation : celle des grands et moyens félins sauvages asiatiques auxquels s'ajoute, selon la latitude, celle des hyènes, des cuons (canidé sauvage asiatique), des loups et autres coureurs au long cours...sans oublier bien sûr son ennemi public numéro un, l'Homo sapiens !!!
Tout ce à quoi notre Felis catus (chat domestique et Bengal S.B.T dans une moindre mesure) a "échappé" en s'acheminant lentement vers le phénomène de domestication depuis déjà quelques milliers d'années.
Il est important de souligner que le phénomène"d'adoucissement progressif" déjà évoqué (effet des apports renouvelés des chats Bengals domestiques au cours des phases d'hybridations successives) se manifeste tant au niveau de l'aspect esthétique qu'en celui de l'émotionnel (souplesse de caractère de plus en plus évidente...)
D'autant que lorsque leur sociabilisation est optimale, les Bengals hybrides deviennent de charmants compagnons, câlins voire parfois franchement "pots de colle".
Si la sexualité de ces félins n'échappe pas aux règles du genre, leur reproduction effective n'est en contrepartie pas chose aisée :
- tout d'abord, les mâles des premières générations sont stériles, comme beaucoup d'autres hybrides de mammifères.- les femelles quant à elles ne sont que très parcimonieusement fertiles (la première génération notamment).
- de plus, conséquence supplémentaire inhérente à l'hybridation, leur comportement de "mères stressées" est parfois confus, voire conflictuel, les menant parfois à un cannibalisme post-natal immédiat par un phénomène de non-reconnaissance gènique.
En élevage, il n'est donc pas facile de parvenir à la quatrième génération d'une lignée (la première "acceptée"comme Bengal domestique ou S.B.T.) tout en tentant de préserver au mieux les caractéristiques physiques proches de celles du Prionailurus bengalensis.
En regard des premières hybridations effectuées dans le passé avec des chats domestiques d'origine hétéroclite (la race Bengal n'étant pas encore alors apparue en tant que telle...), de grands progrès ont cependant été depuis accomplis puisqu'à l'heure actuelle, les géniteurs "chats" (mâles ou femelles) utilisés dans le cycle des hybridations sont des Bengals, déjà porteurs d'un phénotype avoisinant quelque peu celui de « l'idéal » recherché...
NB: En vertu de l'application de la Convention de Washington, seuls les F1 sont considérés comme "hybrides" et sont donc assujettis aux mêmes règles de restriction et de protection que les Prionailurus bengalensis.